Cinéma d'art et essai à Belfort

A partir du 26 septembre

Gébo et l'ombre

Comédie dramatique de Manoel de Oliveira, France, 2012

Durée : 1h32

Avec : Jeanne Moreau, Michael Lonsdale, Claudia Cardinale

Malgré l’âge et la fatigue, Gebo poursuit son activité de comptable pour nourrir sa famille. Il vit avec sa femme, Doroteia, et leur belle-fille, Sofia, mais c’est l’absence de leur fils, João, qui occupe les esprits. Gebo semble cacher quelque chose à son sujet, en particulier à Doroteia, qui vit dans l’attente passionnée de leur enfant. De son côté, Sofia attend également le retour de son mari, tout en le redoutant. De manière soudaine, João réapparaît, tout bascule...

Le choix de cette adaptation a une histoire. Un ami qui apprécie mon travail m’a demandé pourquoi je ne faisais pas un film sur la pauvreté. Je lui ai répondu qu’un tel film serait très difficile à réaliser, à moins qu’il ne s’agisse d’un documentaire où je pourrais montrer différents cas de pauvreté. Je me suis souvenu alors de la pièce de Raul Brandão, Gebo et l’ombre, qui parle de la pauvreté et de l’honnêteté.
(...) Je dirais que le film est un miroir de la société actuelle. Si l’argent manque, c’est que quelqu’un l’a volé. Je ne sais pas comment le monde va finir et je ne serai pas là pour le voir. J’aime bien une affirmation d’Ortega y Gasset que j’ai placée dans l’Étrange affaire Angélica : « l’homme est sa circonstance ». Parfois on lit dans la presse des choses horribles, des assassinats par exemple, mais on ne peut pas s’empêcher de se demander : « dans les mêmes circonstances, ferais-je la même chose ? ». C’est une question terrible. Les circonstances sont déterminantes, elles ont beaucoup d’influence sur le comportement de l’homme : elles sont liées au destin. Mais je ne crois pas que ce soit la fin du monde. Simplement, la nature humaine n’est pas bonne.

Manoel de Oliveira

 

 16:00, 18:00, 20:00

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